Ce projet d’équipement social implanté en frange immédiate de la vieille ville de Nyons s’organise en deux corps de bâtiment :
- Le long d’une placette entièrement dédiée à la desserte des nombreux équipements publics regroupés dans ce secteur, un premier volume construit dessine un socle en alignement sur la « Promenade des Anglais ». Les percements ponctuels et le traitement des façades en béton matricé renforcent l’idée de soubassement, en continuité de l’aménagement minéral de la placette.
- Posé délicatement sur le socle, un deuxième volume construit, constitué d’une boite de forme simple et compacte, répond au gabarit de la place. La mise en œuvre d’un matériau unitaire - des éléments de terre cuite - dessine des pleins, des vides ou encore des porosités qui animent les façades.
Le rapport contrasté entre le socle massif et étiré et la boîte compacte et immatérielle forme un ensemble cohérent qui s’insère parfaitement dans la complexité du cadre bâti environnant.
locaux pour la délégation de la solidarité de l’agglomération nantaise
secteur sud à Rezé (44)
maîtrise d'ouvrage
Conseil général de Loire Atlantique
concours
2010 - projet non retenu
surface hors oeuvre nette
1820 m²
coût d'objectif
2 900 000 € HT
label
bâtiment basse consommation
Le projet, qui regroupe plusieurs services de la Délégation de la Solidarité à Rezé, dessine une nouvelle séquence urbaine sur la longueur de la rue Aristide Briand, rue commerçante de gabarit homogène.
Le projet est composé de deux corps de bâtiments. Un volume principal, de forme ovoïde, autonome par rapport à la structure urbaine environnante, et une construction en simple rez-de-chaussée qui joue le rôle de liaison. La simplicité de cette composition donne une grande lisibilité au projet sans pour autant être ostentatoire.
Une façade unique, en tôle micro-perforée, enveloppe le corps de bâtiment principal. Cette peau tangente le bâtiment, puis se dédouble pour tracer une double peau contenant les brises soleil. Les accroches d’ombre et de lumière donnent une dimension immatérielle à la silhouette de l’immeuble. En référence aux jardins domestiques des cœurs d’îlots environnants, le patio central protégé apporte la sérénité et le calme nécessaires à l’équilibre des rapports entre les agents et le public reçu. La façade en parement bois et la végétation généreuse, participent ainsi pleinement à l’identité du lieu.
transformation d'un central téléphonique en école de mode à Lyon, Rhône
avec Antoine Trollat, architecte
maîtrise d'ouvrage
Groupe Esmod
concours
2010 - projet non retenu
surface utile
2 067 m²
estimation des travaux
3 851 000 € HT
Le projet d’installation de l’Ecole Esmod dans l’ancien central téléphonique de la rue Burdeau à Lyon est ambitieux : il comprend un nombre important d’ateliers de Stylisme et de Modélisme de grandes dimensions, des salles de cours, des zones administratives et un showroom de 300 m2. Le projet a constitué à organiser l’espace autour d’un vaste foyer des élèves situé en rez-de-chaussée et devenant le cœur de l’ensemble des espaces de l’école. Le showroom s’est lui installé naturellement sur le toit avec une vue périphérique sur Lyon et des prolongations sur l’extérieur par de vastes terrasses accessibles. Un premier travail patrimonial a été mené pour retrouver le dessin original de l’architecture de ce bâtiment des années 30. Ce travail a été complété par l’ajout d’une extension contemporaine en toiture pour le showroom : le dessin d’un volume simple, en osmose avec l’architecture d’origine, simplement décollé par une bande vitrée périphérique a permis de redonner une contemporanéité au projet. L’utilisation d’un tissu métallique permettant une métaphore du travail d’un couturier pour recouvrir l’extension en toiture permet de parachever le projet, tel un bouchon délicat sur une bouteille de parfum.
Dans le respect de l’architecture préexistante du lieu d’intervention - Studio 24 et Minoterie des Grands Moulins de Strasbourg - le projet participe pleinement à la requalification urbaine du quartier. Implantés en cœur d’îlot, les deux plateaux de tournage cinématographique règlent la composition spatiale et l’organisation des usages de ce nouvel ensemble immobilier aux multiples programmes, studios de cinéma, locaux d’activités et plateaux de bureaux. Les deux nouveaux studios peuvent accueillir du public et devenir ainsi salles de spectacle. Le projet affirme une contemporanéité architecturale combinant des volumes simples à des variations de matériaux de types industriels dans un jeu de couleurs et une mise en valeur du patrimoine conservé. Malgré la complexité globale de l’opération, il aura été ainsi possible de produire dans des délais très serrés (32 mois, études et travaux) un ensemble d’une grande lisibilité urbaine et architecturale qui porte les ambitions de la production cinématographique de la Région Rhône-Alpes.
Ce projet illustre parfaitement la mutation actuelle de la problématique du logement avec la convergence d’un niveau d’exigence technique (Label Très Performant Région Rhône-Alpes), d’un dessin contemporain et d’une qualité d’usage pour les destinataires.
Les performances énergétiques – inférieures à 60 Kwh/m²/an avec une consommation de l’ordre de 30 Kwh/m²/an en chauffage – sont rendues possibles par la simplicité volumétrique du projet, la bonne orientation solaire des logements, un travail sur la ventilation et une isolation renforcée, sans pour autant y sacrifier ni l’utilisation de matériaux nobles, ni la qualité d’usage (logements traversants avec terrasses plein sud sur cour) ni l’organisation spatiale et urbaine, l’ensemble constituant pour l’usager un projet lisible performant sobre et élégant.
Le Centre d’Art Contemporain - voulu par la Ville et ses partenaires institutionnels (DRAC, Région, Ministère de la Culture…) - s’installe avec un mélange de minutie, de force et de retenue dans le cadre magnifique du Fort du Bruissin, ancien fort militaire de la fin du XIXème siècle qui s’étend sur un domaine de 10 hectares.
A l’image d’une installation artistique, mais bien spécifiquement architecturale, l’intervention consiste plus à sublimer le lieu avec des moyens minimums qu’à le bouleverser, essentiellement par la mise en scène théâtrale (en rouge) d’un accueil central révélant l’axe de symétrie parfait du bâtiment, laissant ensuite les salles du Centre d’Art s’installer simplement dans les pièces voûtées du rez-de-chaussée, et préservant l’envahissement végétal à l’origine de la grande poésie du lieu.
Une crèche devant s’implanter dans un délaissé urbain à restructurer aux pieds de barres de logements des années 60, le quartier Max Barrel à Vénissieux, se confronte inévitablement à plusieurs objectifs simultanés, au delà bien sûr de ses impératifs propres de fonctionnement, en terme d’usage, de volume et de lumière. Le choix d’une forme ovoïde qui tangeante le tracé du mail piéton existant et dessine l’enveloppe du bâtiment, offre à la fois l’apparence symbolique d’une enveloppe protectrice et intime pour les espaces intérieurs et extérieurs dédiés aux enfants (chaleur du bois rétifié), et l’occasion pour tous, usagers comme passants, de lire dans cet objet de forme autonome l’impact d’une politique volontaire de reconquête au service de tous les habitants.
La Mairie annexe de Feyzin faisant face à l’Hôtel de Ville et son parc, s’installe dans les traces d’une ancienne ferme et en préserve en partie les bâtiments et la mémoire, en réinterprétant la typologie de corps de ferme caractéristique de ce territoire et de son histoire rurale. Se crée une ambivalence entre une cour intérieure faisant office de hall de plein air distribuant les différents bâtiments et une façade sur rue affirmant le statut public du lieu tout en en conservant l’échelle. Ce jeu de respect vernaculaire et d’écriture contemporaine, au-delà de l’installation urbaine, s’exprime prioritairement au travers de l’utilisation côté parvis d’une peau de bois rétifié, opérant tel un filtre de vues et de lumière sur la cour, et offrant au concitoyen ou au passant une lecture compréhensible et claire du statut et de l’usage de l’établissement.
La grande pureté de cette réalisation repose essentiellement sur trois axes qui en fondent la légitimité :
Un complément formel et fonctionnel : cette salle de basket et volley vient compléter un ensemble sportif préexistant d’allure disparate et s’impose comme la tête d’un ensemble recomposé offrant une nouvelle cohérence pour l’ensemble.
Une approche artistique du paysage : s’installant dans un site naturel arboré, les panneaux stratifiés haute densité présentent le travail de Laurent Vailler «jardin vertical» (2001).
Une résolution technique maîtrisée pour une recomposition fonctionnelle dans un budget très tenu et contrôlé.
La critique nationale et internationale a reconnu l’originalité et la réussite de cette réalisation au travers de nombreuses publications.
extension et restructuration du groupe scolaire Antonin Perrin à Villeurbanne (69)
avec Christian Drevet, architecte
maîtrise d'ouvrage
Ville de Villeurbanne
réalisation
2001
surface hors oeuvre nette extension
1 400 m²
surface utile restructuration
2 080 m²
coût des travaux extension
1 847 640 € HT
coût des travaux restructuration
518 330 € HT
La particularité de ce programme repose sur les questions d’échelle et de gestion des flux qu’il suscite. L’extension prévue derrière les cours de l’école existante s’ouvre sur une voie nouvelle au tracé incertain, dans un tissu de cœur d’îlot encore indéfini. Le programme impose un bâtiment en R+1 dont la toiture terrasse, minérale ou végétale, constitue la réelle façade vis-à-vis d’un environnement bâti beaucoup plus élevé. Ecoles maternelle et primaire doivent conserver leur autonomie mais profiter communément du restaurant scolaire créé, d’où l’enjeu de la gestion des accès et de l’évidence des circulations. En réponse, le projet propose une succession de cinq bandes parallèles bâties et non bâties organisées perpendiculairement à la rue, où les deux écoles trouvent leur relation dans la prolongation d’un front construit sur la cour de récréation et surtout dans les vides créés qui deviennent de véritables «espaces liants». La façade sur la rue nouvelle n’est pas un front urbain composé pour qualifier un espace public, elle est une alternance de pleins et de vides laissant filtrer dans la rue et le cœur d’îlot l’ambiance intérieure de l’école.
extension du Centre International de Recherche sur le Cancer à Lyon (69)
avec Christian Drevet, architecte
maîtrise d'ouvrage
CIRC
réalisation
2000
surface hors oeuvre nette
1 920 m²
coût des travaux
1 917 290 € HT
Le projet exprime à la fois le caractère international et rigoureux d’un organisme comme le CIRC et son insertion dans une identité locale. Sur la base d’un plan épuré issu de la parcelle – des bureaux disposés de part et d’autre d’un vaste espace de distribution baigné de lumière naturelle intégrant en son axe toutes les fonctions de services – il présente des façades elles aussi très rigoureuses mais exprimant dans leur modénature à la fois la tradition lyonnaise des percements réguliers habillés de jalousies de bois et la régularité tramée des séquences ADN manipulées chaque jour par les chercheurs. La combinaison d’ensemble via les quinconces et orientations des lames produit néanmoins un aspect aléatoire multiple et vivant.